mouvement altermondialiste ou antimondialiste

C'est principalement depuis la conférence de l'Organisation mondiale du commerce organisée à Seattle en 1999 que de Seattle – où les syndicats américains représentaient la majorité des manifestants – à Gênes et Bangkok, de Cancún à Dakar et Bruxelles, de Washington à Prague en passant par Hong Kong, que la protestation et l'opposition internationales contre la mondialisation actuelle se sont fait sentir. Ces protestants sont guidés par le scepticisme face à un monde où l'économie prévaut sur l'homme, où la prospérité est répartie de manière toujours plus inéquitable, où les droits de l'homme sont réprimés, où les ravages écologiques sont inimaginables et où le processus décisionnel relatif à tous ces domaines se déroule généralement de manière occulte et non démocratique. Lorsqu'on est confronté à une économie qui entraîne autant d'effets néfastes et provoque autant de déficits, il ne faut pas s'étonner que l'insatisfaction soit grande. Ce mouvement a d'abord été qualifié "d’antimondialiste", tout à fait à tort en réalité, parce que ce mouvement cherche aussi assidûment des alternatives. Le slogan mobilisateur "Un autre monde est possible" regroupe, depuis 2001, de nombreux mouvements et organisations, des dizaines de milliers de personnes au Forum social mondial et dans de nombreux forums régionaux et nationaux du monde entier. En pratique, le mouvement altermondialiste se présente comme une alliance multicolore de mouvements sociaux et d'organisations, de syndicats, de mouvements paysans et du mouvement féministe et pacifiste qui date de la même époque, sans oublier les mouvements déjà anciens pour l'environnement, les droits de l'homme, les peuples indigènes et le tiers-monde, les groupes comme Reclaim the streets, Attac et le Forum social mondial, voire les entrepreneurs désireux de mener une politique économique socialement responsable. Ce mouvement est donc aussi hétéroclite que l'on peut imaginer et reflète tous les problèmes occasionnés par la mondialisation actuelle. Or, c'est précisément parce que tous ces problèmes sont de plus en plus imbriqués que les gens ont besoin de se retrouver, voire de travailler main dans la main. En se concentrant autour des syndicats, des mouvements paysans et des organisations environnementales, ils peuvent se développer pour devenir le premier véritable mouvement social mondial, un mouvement pour un monde plus durable, plus social et plus démocratique.

site internet du Forum social mondial

voir également mondialisation, néolibéralisme, Forum social mondial