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brevet
une invention peut être protégée par un brevet, généralement pour une durée approximative de vingt ans. Pendant cette période, seul l'inventeur a le droit d'en cueillir les fruits, à titre d'indemnisation des efforts consentis.
Cette procédure semble juste, mais cette période est tellement longue que, souvent, des bénéfices plantureux peuvent être générés, dépassant très largement le coût de l'investissement. Ce n'est pas par hasard que les entreprises pharmaceutiques, et un grand nombre d’entreprises de logiciels figurent parmi les plus rentables.
Cet appât du gain peut coûter de nombreuses vies humaines. Il suffit de songer, par exemple, au refus de certaines entreprises de baisser les prix de leurs médicaments contre le SIDA dans bon nombre de pays en développement.
Les monopoles créés risquent également de bloquer les modernisations de la société. Certainement dans le cas des programmes informatiques, les brevets logiciels forment un frein à l'innovation et ces inconvénients sont beaucoup plus évidents que les avantages. D’où l’émergence du mouvement pour le logiciel libre.
Nous en arrivons ainsi à une autre critique: les brevets vont tout simplement beaucoup trop loin. Actuellement, il est même possible de breveter la vie elle-même, des parties de plantes, d'animaux ou d'être humain. Les entreprises biotechnologiques et pharmaceutiques ont ouvert la chasse aux gènes ou à des parties de gènes qu'ils estiment pouvoir utiliser de manière utile, et qui donc leur permettront de gagner de l’argent. Citons à cet égard le célèbre cas de Myriad Genetics qui a acquis en 2001 le brevet sur un gène du cancer du sein. Selon cette entreprise, les tests de dépistage du cancer du sein ne peuvent être réalisés qu'aux Etats-Unis... où les femmes doivent débourser des montants dix fois plus élevés. Des coûts croissants menacent ainsi nos soins de santé et la solidarité sur laquelle ils reposent; ils détruisent le principe selon lequel chacun a droit aux meilleurs soins de santé.
D’où la question fondamentale: la richesse génétique des plantes, des animaux et de la vie humaine peut-elle être privatisée – puisque c'est bien là l’essence de ce type de brevets – ou s'agit-il d’une propriété commune de l'humanité? Jusqu’où va l'intérêt privé, et où commence l'intérêt général ? Ce débat est absolument nécessaire.
voir également biopiraterie, privatisation, TRIPS





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